Du Concours de Unes à la publication d’un journal éthique et responsable : « Les Concernés » (EMI- 4e)

Le Français d'Iqbal Masih

  • Projet inter-classe (2 classes de 4e) et interdisciplinaire (français (Mme Brunetti et Mme de Montaigne) et documentation (Mme Toufid)) de mai à juin.
  • Nom, logos, rubriques, slogan, démarche et choix des thématiques décidés et arrêtés par les élèves organisés en comités de rédaction.
  • Définition des groupes de rédacteurs et rédacteurs en chef.
  • Textes rédigés par les élèves: présentation de l’actualité + commentaire de celle-ci pour inciter son lectorat à se sentir concerné par cette actualité!

  1. Étape n°1: Le Concours de Unes du Clemi 

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2. Étape n°2: La poursuite de la Une en journal : naissance du Les ConcernésProjet Interclasse Les Concernés 4B 4D.jpgProjet Interclasse Les Concernés 4B 4D2.jpgProjet Interclasse Les Concernés 4B 4D3.jpg3. Étape n°3: Calendrier et chemin de fer du journal

Chemin de fer les Concernés.jpgChemin de fer les Concernés2.jpg4. Étape n°4: Rédaction en binômes et navettes inter-classe

Concernés dernière version à imprimer.jpgConcernés dernière version à imprimer2.jpgConcernés dernière version à imprimer3.jpgConcernés dernière version à imprimer.jpgConcernés dernière version à imprimer2.jpgConcernés dernière version à imprimer3.jpgConcernés dernière version à imprimer4.jpgConcernés dernière version à imprimer.jpgConcernés dernière version à imprimer2.jpgConcernés dernière version à imprimer3.jpgConcernés dernière version à imprimer4.jpgConcernés dernière version à imprimer.jpgConcernés dernière version à imprimer2.jpgConcernés dernière version à imprimer3.jpgConcernés dernière version à imprimer4.jpgConcernés dernière version à imprimer5.jpg

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« Back to nature », retour sur le séjour à Clécy

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Lors de la semaine interdisciplinaire, un groupe de 32 élèves est parti à Clécy, en Normandie, pour vivre un retour à la nature, avec le soutien de l’Association Marche ou Rêve. Ils étaient accompagnés de Mme Accart, de M Chassignol et de Mme Lévy.

Voici le diaporama et la vidéo qui ont été réalisés à l’issue du séjour.

https://quik.gopro.com/v/AZnGLs0BON/

Our trip to Clécy, Normandy

Lien vers le site de Marche ou Rêve :

https://www.facebook.com/Marche-ou-Rêve-227464417588834/?fref=ts

 

 

 

 

 

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Rencontre avec les Commandants Genoux et Riesco du commissariat de la Plaine

page 3 - PORTRAITS Commandants

Le Commandant Riesco est Délégué à la cohésion Police Population (DCPP), il est chargé de faire le lien entre la police et la population. Il intervient auprès des salariés des entreprises du quartier, des personnes âgées ou encore dans les établissements scolaires,  dans les copropriétés et chez les bailleurs sociaux.

Le Commandant Genoux  travaille dans la police depuis 1993, il dirige le commissariat de La Plaine, à Saint-Denis.

Nous leur avons demandé quels étaient les principaux problèmes de délinquance dans le quartier.

Le Commandant Genoux explique que dans le secteur où intervient le Commissariat de la Plaine, il y a surtout des problèmes de petite et de moyenne délinquances : vols avec effraction, vols à la roulotte, vols à la tire dans les gares, vols à la portière, des vols à l’arrachée sur la voie publique, de la lutte contre la vente de stupéfiants (herbe et résine de cannabis) et toutes sortes d’autres infractions.  Les interventions de la police répondent à ces problèmes.

Le matin, lorsqu’il arrive au commissariat, le Commandant Genoux relève les plaintes déposées par les victimes, la veille, pour orienter les patrouilles en tenue sur le terrain.  Il explique que les vols sont souvent commis par des multi-réitérants, et qu’ainsi il est possible pour les équipes de police de cibler les interventions en faisant des rapprochements et des recoupements suite à des dépôts de plainte.

En cas de vol ou d’agression sur la voie publique, le commandant Riesco conseille de ne pas résister car l’auteur peut se monter violent, mais plutôt d’essayer d’être un « bon témoin » en observant les détails qui vont permettre d’arrêter son agresseur : sa taille, ses vêtements, la direction par laquelle il est parti, le moyen de transport avec lequel il a fui. Ces informations seront données à l’équipage police secours arrivé sur les lieux suite à l’appel au 17.  Il arrive souvent  que des voleurs soient retrouvés rapidement dans un parking ou une cave grâce aux renseignements fournis par la victime et les témoins », nous confie-t-il. Si tel n’est pas le cas, ces informations seront cependant utiles à la brigade de police Judiciaire chargée ultérieurement de l’enquête.

Ils nous expliquent également que les contrôles de police sur la voie publique répondent à des appels de riverains qui se plaignent de nuisances – notamment pour tapage nocturne-, mais également à des réquisitions du Procureur de la République dans certaines zones criminogènes toute l’année, comme les gares. Enfin, ils procèdent à des contrôles dans les lieux où il y a une réitération d’infractions au même endroit, comme pour les trafics de stupéfiants.

Le Commandant Genoux s’appuie dans son travail sur « des forces de police fidélisées dans chaque équipe, des gens très bien formés qui travaillent dans ce commissariat depuis 10 à 15 ans», «de toutes les catégories sociales, de toutes origines, et dans lesquelles toutes les régions sont représentées ».  Il ajoute que la  police française est humaine, républicaine, et qu’elle a toujours encouragé le dialogue avec la population.

Iqbal Actu

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Rencontre avec le nouveau maire de Saint-Denis, Laurent Russier.

Nous avons eu la chance de retourner à la Mairie pour poser nos questions au nouveau maire de Saint-Denis, M.Russier qui a été élu en décembre 2016.

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M.Russier à côté de son bureau de maire.

Bonjour, pourriez vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Laurent Russier j’ai 43 ans, je suis le nouveau maire de Saint-Denis depuis le mois de décembre. J’habite à St Denis depuis 1997. Je suis parti faire l’armée juste après et suis revenu définitivement en 1999.

Quelles études avez-vous fait ? Quels métiers pratiquiez-vous avant d’être maire ?

J’ai fait un bac scientifique, un bac C à l’époque. Après j’ai fait une classe préparatoire aux grandes écoles spécialisées en biologie et après j’ai fait des études d’agronomie à Toulouse. L’agronomie c’est tout ce qui touche à l’agriculture, l’économie, les engrais, l’alimentation animale… J’ai ensuite fait l’armée dans ce domaine là à la Martinique. J’accompagnais les maraîchers. Après j’ai trouvé du travail dans deux boîtes, d’abord Monoprix puis Quick. Là j’étais dans les achats, dans les centrales d’achat. C’est négocier avec les agriculteurs pour les prix. Même si cela n’a pas bonne réputation c’est quand même de la vraie salade ! Après j’ai changé de domaine, je suis plutôt aller vers la banque quand je suis arrivé en région parisienne à la BNP. C’était pour les filiales de la BNP dans les pays du Maghreb. Après j’ai travaillé avec Florence Haye au conseil départemental dans un travail plutôt administratif pour l’accompagner. Depuis 2014, que je suis maire adjoint, je suis entièrement consacré à ses fonctions de maire adjoint et maintenant de maire.

« On se dit que si on était capable de changer un peu la société cela serait bien de le faire. »

Votre famille a –t-elle été un modèle pour votre engagement politique ou associatif ?

Pas un modèle associatif. Pour prétendre atteindre à des fonctions électives, y a plusieurs éléments qui nous conduisent à ça. Y a souvent le modèle familial. Mes parents n’étaient pas membres du parti communiste mais ils étaient postiers, adhérent à la CGT, ils se sont toujours battus pour des valeurs auxquelles je crois. C’est quelque chose qui marque un enfant. En dehors de la famille, il y a toutes les belles rencontres que l’on fait dans la vie. Je viens d’une ville St Étienne dans laquelle il y a aussi des difficultés sociales. On est marqué quand le chômage augmente quand on voit des personnes âgées se retrouvées sans travail, pour moi ce sont des choses qui marquent. On se dit que si on était capable de changer un peu la société cela serait bien de le faire. Après c’est d’une manière très modeste à St-Denis mais ce n’est pas négligeable non plus. La famille forcément ça marque mais c’était plutôt des syndicalistes.

« La rencontre avec St-Denis a été importante pour moi. »

Quand avez vous commencé à vous engager dans la vie politique ou associative. Y a t-il eu un évènement déclencheur ?

Il n’y a pas eu un élément déclencheur pour moi. Il y a des éléments qui petit à petit façonnent un jeune. Ça a été ma famille, mes amis. Après des moments forts, il y a eu mon arrivée à St-Denis où je rencontre des gens qui au jour le jour se battent auprès des migrants, sur le logement… C’est des rencontres qui donnent envie de s’investir et après j’ai fait des rencontres par le biais du PCF auquel j’ai adhéré à mon arrivée à St-Denis et après c’est des rencontres avec Florence Haye, Didier Paillard qui vous donnent envie de ne pas uniquement s’investir à l’échelle de son quartier (pour moi c’était le quartier de la gare) mais d’élargir son champ d’action. La rencontre avec St-Denis a été importante pour moi.

Avez-vous déjà été délégué de classe ?

Non car il y a toujours eu des enfants qui avaient plus envie de le faire que moi et qui étaient meilleurs

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« Un quartier ne peut pas bouger sans ses habitants. »

Nous sommes en train de réaliser des portraits des différents acteurs de la Plaine Saint-Denis. Avez vous un mot à dire sur ce quartier ?

J’habite dans le quartier de la gare de Saint-Denis, La Plaine ce n’est pas le quartier que je connais le plus même si je le connais. C’est le quartier qui évolue le plus. Dans un quartier qui bouge beaucoup, ce qui est important c’est de construire le quartier avec les habitants qui sont là mais aussi avec ceux qui arrivent et surtout de ne jamais oublier l’histoire d’un quartier. Un quartier ne marche que si on est respectueux de son histoire, des habitants qui l’ont fait, y compris des industries. Ce quartier est attachant grâce notamment aux associations qui existent. Elles ont bien compris qu’un quartier ne peut pas bouger sans ses habitants. Que ce soit des associations de solidarité, culturelles, cela se fait toujours en lien avec les habitants. Les élus, on est juste là pour se mettre au service s’il y a besoin. On ne doit pas remplacer le travail fait par les associations. C’est passionnant un quartier qui bouge autant même si ça peut être déboussolant. On part deux mois en vacances on revient on a l’impression qu’un nouveau bâtiment a poussé. Si on associe les habitants, on a l’impression de participer à un quartier qui bouge même si les choses arrivent lentement comme les commerces, le lycée, le gymnase. Quand les équipements arrivent, c’est une fierté pour tous les habitants. Une dernière chose : avant St-Denis était coupée de Paris. Là, avec le développement du quartier de la Plaine cela permet d’aller à l’envers de l’histoire est de recréer du lien entre les habitants de St-Denis et de Paris en gagnant de la place sur les voies ferrées, les autoroutes.

« Faire de la politique c’est aimer les gens et essayer de se mettre à leur place, les écouter sans jamais rabaisser quelqu’un. »

Vous venez de remplacer M. Paillard à la mairie, vous inscrivez-vous dans la continuité ?

Je suis bien sûr dans la continuité, j’ai été élu sur la liste conduite par Didier Paillard. En dehors d’être l’ancien maire, c’est un ami. Si j’ai envie de lui ressembler, c’est sur l’approche très humaine qu’il a. Certains trouvent que c’est de la timidité, (…) mais en tout cas il adore les gens et faire de la politique c’est aimer les gens et essayer de se mettre à leur place, les écouter sans jamais rabaisser quelqu’un. Cette continuité d’être au service des habitants des plus jeunes, de ceux qui sont en difficulté, de ceux qui ne sont pas en difficulté mais qui ont des attentes pour autant. C’est amour des habitants, j’essaie de l’avoir c’est impossible de l’égaler là dessus. La continuité aussi sur des choses importantes pour St Denis. Quand on dit « la ville pour tous », cela peut paraitre un slogan mais c’est important, on voit bien ce qui se passe dans les grandes villes en Europe et à Paris. Le jour où on doit déménager car la famille s’agrandit on ne peut pas car cela coûte trop cher. Ils partent donc voir un peu plus loin en banlieue. On se bat pour faire des logements sociaux pour que les prix ne soient pas trop élevés mais malheureusement on sait qu’on a des familles qui vivent la même chose et qu’il y a des familles obligées d’aller dans le 95.

On ne peut pas être en colère contre le gouvernement qui ne se bat pas contre les inégalités si à notre échelle on ne fait pas ce que l’on peut. Ça c’est de la continuité avec M. Paillard. On a besoin d’une ville qui est pour tous. Que chaque enfant ait les possibilités de réussir et c’est pour ça qu’on met autant l’accent sur l’école malgré toutes les difficultés qu’on rencontre sur la ville.

Après faut bien qu’un nouveau maire apporte un message supplémentaire (…). Par exemple pour ce qui est de l’espace public, je pense qu’il faut que l’on soit capable de plus taper du poing sur la table. Ce n’est pas une fatalité que l’on ait des difficultés de propreté ou de délinquance. Sur la délinquance, on tape sur la table vis à vis des ministres, on veut plus de policiers qui respectent les gens. Sur la propreté c’est à nous d’abord de sensibiliser les jeunes pour comprendre qu’il est important que la ville où l’on habite soit propre mais c’est aussi être plus ferme avec ceux qui, de manière délibéré, considère que dégrader la ville c’est pas grave.

« On se crée ensemble de la culture commune. »

Qu’aimeriez-vous changer pour Saint-Denis ? Quels projets portez-vous ?

J’aimerai plutôt qu’il y ait de nouveaux projets. Parmi les projets qui me tiennent à cœur, il y a le fait d’avoir un nouveau conservatoire. Notre conservatoire est mal adapté, petit et n’accueille pas suffisamment d’élèves. Il n’est pas assez ouvert pour les habitants de la Plaine. Cela coûte cher mais il faut un nouveau conservatoire. Il faut que le maximum d’enfants puisse faire de la musique. Mon deuxième projet serait le conversatoire. Ce n’est pas un bâtiment en tant que tel. L’idée est de dire qu’à Saint-Denis, on a de la diversité, on a plein d’origines culturelles différentes, on se crée ensemble de la culture commune. Si on est dans la même ville c’est pour se parler pour apprendre de l’autre et lui apprendre des choses. Le conversatoire, c’est comment on fait une richesse de cette diversité y compris les langues d’origine qui ne sont pas forcément le français. Comment on utilise cette richesse pour mettre à l’aise tout le monde pour que tout le monde puisse devenir pleinement citoyen. C’est un projet qui se base plutôt sur pleins de petits projets. Par exemple, il y a un projet de faire une académie de la cuisine de rue. On a de nombreuses familles qui ont des talents culinaires. L’idée est de mettre en avant la diversité des talents culinaires. On doit en faire une richesse pour notre ville surtout dans nos débats actuels où l’on a l’impression que chacun doit rester chez soi, là c’est un projet d’échange.

Un projet musique et un projet sur la richesse de la diversité, deux projets que j’aimerai porter d’ici la fin de mon mandat.

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Certains de nos élèves participent à la compagnie de théâtre Tamerentong qui se produit notamment au théâtre de la Belle étoile. Que pensez-vous de ce théâtre et des compagnies qui l’occupent ?

La Belle étoile, c’est plus qu’une institution dans le quartier. C’est un choix plus ancien que moi. On a décidé d’installer dans le théâtre une compagnie en résidence, en l’occurrence Jolie Môme, afin que ce lieu puisse vivre et avoir une résonance dans le quartier. On souhaite que la belle étoile soit pérennisée, on souhaite que Jolie Môme s’ouvre à tout ce qui se fait à côté. TMT a fait de très beaux spectacles mais je pense que le théâtre la Belle étoile a vocation à s’ouvrir à d’autres acteurs du quartier, pas seulement culturels. On a vraiment besoin d’équipement comme celui-ci. Il faut que ce lieu fédère et soit là pour tous.

Un quartier, même s’il évolue beaucoup, il doit s’appuyer sur son histoire, c’est pour cela que ces lieux là ne doivent pas devenir des lieux morts. C’est comme l’ancienne gare du RER B, l’ancien local des Espagnols. On a la chance d’avoir ces lieux qui ont marqué l’histoire du quartier, il faut les conserver. TMT n’a pas de souci à se faire de notre côté.

Vous appartenez à un parti politique qui proclame des valeurs de fraternité, d’humanité et pourtant la mairie a laissé la police expulser les migrants et les délogés de l’avenue du président Wilson, comment pouvez vous l’expliquer ?

Le monde est complexe. Je n’ai pas forcément demandé l’expulsion des migrants, j’ai mis en avant le fait que l’accueil des migrants ne peut pas reposer seulement sur quelques-uns ou sur quelques endroits. L’Etat devrait donner la possibilité de bien les accueillir parce que la situation des migrants qui étaient à la Plaine était difficile; Ils vivaient mal dans des conditions sanitaires difficiles. C’était compliqué aussi pour les riverains. Quand le préfet nous a proposé de les faire partir, avec les élus de terrain, on a dit « effectivement, nous on est pas capables d’assumer seul la solidarité mais le but n’est pas de les faire partir comme ça mais que chaque situation individuelle soit regarder de près ». C’est pour cela que l’on a ouvert un gymnase. La solidarité c’est aussi avoir des valeurs et les porter fort et dire que nous sommes favorables à l’accueil des migrants mais c’est aussi dire que cela ne peut pas se faire dans n’importe quelles conditions et vivre dans la rue sans toilette, sans un minimum de choses pour être nourri, ce n’est pas la vision que j’ai d’un bon accueil en France.

« On reçoit des plaintes de gens qui pensent différemment et heureusement car c’est ça la démocratie. »

Beaucoup de voisins ont apporté leur aide (petits déjeuners, distribution de vêtements…) et ne comprennent pas que la mairie ne trouve pas de solution pour reloger ces gens. La mairie a-t-elle reçu des plaintes d’habitants mécontents ?

On a reçu des plaintes d’habitants mais ça c’est faire de la politique. Quand on la gestion d’une commune, on reçoit des plaintes de gens qui pensent différemment et heureusement car c’est ça la démocratie. Certains disaient qu’il fallait que les migrants partent, d’autres qu’ils restent, d’autres – et c’est ce que l’on a fait – qu’il fallait mieux les accueillir ailleurs. Et puis il y a ceux qui étaient en soutien et qui le sont encore aujourd’hui à préparer des petits déjeuners à la porte de la Chapelle. Je ne peux que les remercier et leur dire que ce qu’ils font est bien. Et je veux dire que ce n’est pas un hasard qu’ils soient dionysiens car on est dans une ville où le mot solidarité veut dire quelque chose.

« Tout ce qui est solidarité doit être mis en avant. »

On les soutient car ils sont maintenant en difficulté quand ils apportent leur aide, on met des amendes sur leur voiture. Tout ce qui est solidarité doit être mis en avant. Dernière chose, pourquoi on ne veut pas les reloger ? Parce que cela ne peut être que sur une, deux ou trois villes qu’on reloge les migrants qui sont nombreux. Cela doit être l’ensemble des villes françaises qui prennent en charge l’accueil. En Allemagne c’est l’état qui a imposé aux communes d’accueillir. A Saint-Denis on a tellement de demandes de gens qui vivent mal, qui sont à la rue, qui demandent des logements, ça ne serait pas compris qu’on choisisse qu’une partie de la population alors qu’on doit essayer d’accompagner tout le monde. On n’a pas assez de logements pour tous les reloger. On peut en reloger quelques-uns mais on souhaite que tout le monde prenne sa part et puis surtout qu’ils soient bien accompagnés car c’est bien d’avoir un logement mais ce n’est pas suffisant si ils n’ont pas le droit d’asile et d’autres droits à côté. Tous les droits doivent se débloquer en même temps.

Beaucoup de gens ont été choqués par l’installation de pierres à porte de la Chapelle où dormaient les migrants et par l’installation de grilles sur l’avenue du président Wilson. Qui a installé ces grilles ?

Les pierres sont là pour empêcher que des migrants s’installent. Pour les grilles sur l’avenue du président Wilson, c’est la ville de Saint-Denis, c’est moi qui ai pris la décision, je ne vais pas repousser la responsabilité sur d’autres. C’était suite au raccompagnement des migrants vers d’autres structures. J’ai souhaité que cela soit temporaire même si le temporaire peut être long. Le but était qu’il n’y ait pas d’autres installation juste après. Cela aurait été délicat d’avoir accompagné des migrants à quitter les lieux et d’avoir laissé le terrain libre. J’assume d’avoir pris la responsabilité d’avoir installé les barrières de manière temporaire même si c’est différent que des cailloux posés ou de la demande que nous avait  fait le préfet c’est à dire « vous avez un espace qui est trop grand, plantez-y arbres, mettez-y des cailloux pour éviter toute installation » mais ça c’est impossible car c’est un signal terrible pour ceux qui font de la solidarité et en plus c’est fait pour les dionysiens pour les habitants de la Plaine. Le but est que cela continue d’être des espaces pour tous les habitants.

La préfecture dit que l’on a des espaces trop grands à surveiller et de faire des aménagements qui contraignent ou empêchent l’installation. L’aménagement ne peut se penser ainsi.

« Le problème est que tant qu’il y a des gens qui vivent mal ou qui sont à la rue, cela est un échec collectif. »

M.Paillard, l’ancien maire, nous a confié que son grand regret résidait dans la question du mal-logement, que pensez-vous faire pour cette question ?

C’est le regret de tous. On fait beaucoup. Le problème est que tant qu’il y a des gens qui vivent mal ou qui sont à la rue, cela est un échec collectif. On considère que l’on n’est pas assez accompagné sur le logement car qui dit construire des logements dit que l’état, la région nous accompagnent car cela passe par des subventions, des aides à la ville qui construit. Nous on construit beaucoup car sur la ville de Saint-Denis, on construit environ de 2000 logements par an, des logements privés et du logement social. On se bat contre l’habitat insalubre au centre ville et à la Plaine pour qu’il n’y ait pas de drames face aux propriétaires qui profitent de leur faiblesse pour les exploiter. On accompagne les propriétaires pour faire des travaux chez eux et quand l’immeuble est en trop mauvais état on reloge les personnes et on réhabilite ou on reconstruit.

« Tant qu’il y aura des gens en souffrance du point de vue logement, on ne peut pas être satisfait. »

Après, à la fois c’est un regret car la crise du logement en île de France continue a augmenté on le voit avec le bilan annuel de la fondation abbé Pierre et le bilan chaque année est de plus en plus mauvais. On considère que l’on est moins mauvais qu’ailleurs mais tant qu’il y aura des gens en souffrance du point de vue logement, on ne peut pas être satisfait donc je comprends que cela puisse être son grand regret, notre grand regret mais on se donne tous les moyens pour qu’on n’ait plus ce grand regret à l’avenir.

Suite à l’affaire Théo, nous avions des questions sur votre politique en matière de police. Quelle est votre réaction sur cette affaire ? Quelle est votre politique envers la police municipale ?  

C’est une affaire grave mais il faut laisser faire la justice que ce soit pour un policier ou quelqu’un d’autre. Au conseil municipal on a voté un vœu c’est à dire une déclaration que votent les élus et qui est remise au ministère de l’intérieur. Cela a été voté à l’unanimité. On a dit que cette affaire était grave et que surtout ça concerne nos villes dans lesquelles on a besoin de la police car il y a de la délinquance du trafic de drogue et il faut que la police assure la sécurité de nos citoyens. Mais la police ne peut faire ce travail que s’il y a un respect des habitants. Quand on parle d’égalité c’est qu’il faut autant de policiers qu’ailleurs et que les policiers aient du respect pour les habitants de nos territoires.

Notre demande à la police nationale c’est de dire que ces évènements sont des choses qui cassent la confiance indispensable entre la police et la population. On demande qu’il y ait plus de policiers, qu’ils soient mieux formés que soit mis en place le contrôle d’identité avec récépissé c’est à dire que si un jour on te contrôle une fois, trois jours après tu n’as pas changé et cela peut te permettre d’éviter d’être recontrôlé une nouvelle fois. La personne qui est contrôlée 3, 4 fois dans le même mois elle peut se dire « j’ai l’impression qu’on m’en veut alors que je n’ai rien fait ». Ce sont des choses faciles à mettre en place. Pour l’affaire Théo il faut que la justice soit exemplaire.

Pour la politique de la ville par rapport à la police, le maire ne contrôle pas la police nationale. En région parisienne, c’est le préfet de police de Paris qui commande toutes les forces de police. Pour la police municipale, il n’y a pas d’affaires de ce type. Nous en tous les cas, quand ils sont recrutés, ils ont une formation. On a beaucoup de recrutement locaux et cela change la donne par rapport à la police nationale car ce sont des gens qui connaissent nos villes, nos quartiers. Ils ont une connaissance différente de jeunes policiers qui viennent de province ou de ville où il y a beaucoup moins de diversité. C’est leur premier poste en Seine Saint-Denis.

« On veut une police de proximité qui connaît les quartiers. »

On veut une police de proximité qui connaît les quartiers. Je prends un exemple. Dans le quartier Franc-Moisins, qui fait toujours peur, quand on connait le quartier et ses difficultés on en a forcément moins peur. Cela ne peut pas être toujours des policiers de province a qui ont dresse souvent un tableau catastrophique de la Seine Saint-Denis en formation « attention vous allez arriver dans un département qu’avec des bandes de voyous ».

Si Paris est choisie pour organiser les Jeux Olympiques de 2024, Saint-Denis jouera un grand rôle. Que comptez-vous faire pour que les habitants de la Plaine et de Saint-Denis soient acteurs de cet événement ?

Ça s’appelle Paris 2024, mais si on a les JO il y aura beaucoup de choses qui se passeront en Seine Saint-Denis avec le stade, la piscine et le village olympique. On va être obligé, et tant mieux, de faire avec ses habitants. On n’aura pas les JO si on ne construit pas cette candidature avec les sportifs car c’est la fête du sport et avec les habitants notamment de Saint-Denis. Ce qui avait fait que Londres avait battu Paris c’est de montrer que les JO en dehors du sport et de la fête c’est aussi une vraie aventure sociale, une vraie aventure pour les habitants. Les JO, je suis content si c’est à Paris mais je suis déjà vieux et pas trop sportif mais c’est pour nos jeunes que c’est intéressant. C’est des raisons pour laquelle, on va essayer de faire des initiatives qui mettent les jeunes de Saint-Denis à l’honneur comme on a fait à Dora Maar. Ce que l’on aimerait c’est que lorsque la décision aura lieu le 13 septembre, cela se passera à Lima au Pérou en Amérique du sud, il y aura des délégations et l’on souhaite que dans la délégation de St-Denis on aimerait qu’il y ait 10-15 jeunes qui puissent aussi montrer que ce sont aussi les jeux de la jeunesse et de la diversité.

Lors de l’Euro de 2016 en France, certains commerçants du quartier du stade de France étaient déçus par l’organisation de l’Euro qui ne leur permettait pas pleinement de participer à la fête. Que faudrait-il faire pour éviter cela ?

Les JO c’est aussi une affaire d’argent. Il y a de grands sponsors, les grands médias. Ils vont imposer les boissons etc… On est bien sûr pas d’accord donc on va se battre pour que cela profite à nos commerçants à nos entreprises locales. On a des moyens pour se faire entendre mais on ne gagnera pas entièrement sur ce tableau là. D’où l’intérêt que sur le reste l’on soit bien entendu. Parce que les JO ce n’est pas qu’un village olympique de 17 000 chambres pour les athlètes et qu’ensuite les 17 000 chambres soient abandonnées et que les logements ne servent pas aux familles. Ces 17000 chambres doivent pouvoir être modulées c’est à dire que dès que les JO sont finis, on puisse transformer ces 17 000 chambres en 2000 ou 3000 logements pour les familles du territoire. C’est pour cela que l’on souhaite que des Dionysiens fassent partie de la délégation. Quand vous aurez 7 ans de plus, j’espère que ceux d’entre vous qui le souhaitent vous puissiez être ambassadeur des JO, dans les stades pour accompagner les athlètes voire des athlètes pour les plus sportifs d’entre vous. Les JO c’est aussi beaucoup de travaux et notamment certains qui vont faire avancer les transports de manière bénéfique pour le territoire. On souhaite que ces travaux soient aussi des travaux pour les entreprises de St-Denis petites ou grosses. Il faut que cela soit des gens de Saint-Denis qui aient des possibilités d’emplois, d’insertion. Il faut que l’on ait des associations locales qui puisent servir à boire et à manger, participer à la fête. Au Stade de France, on est incapable de savoir comment cela s’organisera en fonction du niveau de sécurité attendue… Le stade de France sera rénové. Nous souhaitons que le stade soit ouvert sur la population mais on ne peut pas vous garantir qu’il n’y ait pas de grilles de sécurité.

M.Ameri : le collège est déjà inséré dans les JO 2024 : deux classes du collège sont allé à Doraa Maar pour la venue de Teddy Riner. Notre collège est parie prenante de ce qui se fait en ce moment pour les JO. Plus on avance plus les choses grossissent en terme d’action.

Bientôt un nouveau lycée à la Plaine, y a t-il une cérémonie d’inauguration de prévue si oui comment les futurs lycées seront impliqués ?

Il y en aura forcément une inauguration. C’est toujours compliqué d’impliquer les futurs lycéens. Ce qui est bien dans une inauguration c’est de remercier ceux qui ont construit le lycée, ceux qui l’ont financé, que la ville se dise contente d’avoir ce nouveau lycée mais c’est aussi que ceux qui seront dans ce lycée et leurs parents puissent être de la fête. Plus que l’inauguration qui est un moment précis dans une journée, la question est comment, en amont de l’inauguration, on peut avoir une vraie campagne d’information avec l’ensemble des habitants, des acteurs éducatifs des collèges pour travailler au lancement de ce lycée. L’important est que les enfants quand ils iront dans ce lycée, ils y soient à l’aise et cela se travaille en amont.

On va essayer de voir comment on peut faire venir visiter le lycée aux futurs secondes.

« On a besoin de montrer qu’ensemble on est plus fort. »

A propos de la politique nationale, qui soutenez-vous aux élections présidentielles ? Avez-vous prévu de parrainer un candidat ?

Je vais soutenir Jean Luc Mélenchon. Après, je le soutiens tout comme la majorité du PCF, mais avec des critiques par rapport à ce qu’il propose. C’est normal. On n’est pas totalement béat sur un candidat. Je considère que dans les difficultés économiques actuelles, c’est celui qui propose les meilleures choses pour réduire les inégalités entre une petite partie de la population qui devient de plus en plus riche et une grande partie de la population qui devient de plus en plus pauvre et sur ce qui on a tendance à taper dessus en disant « si vous êtes pauvres c’est presque de votre faute, vous n’avez qu’à vous débrouiller pour trouver un boulot ». Je regrette toutefois que nous sommes tous d’accord pour dire que la politique actuelle devient de la communication, de l’image, un homme seul (malheureusement c’est que des hommes à part une), et que lui participe de ça car il a une vision très personnelle de la politique. Y a un choix au premier tour et y a un choix au second. Il y a des candidats que je souhaite à tout prix éviter pour la France et pour St-Denis, c’est Marine le Pen et François Fillon. L’une est raciste, et nous on a besoin de montrer qu’ensemble on est plus fort et un autre veut des politiques qui tapent sur les pauvres en pensant que si on est pauvre c’est qu’on le veut bien et qu’il faut donc accompagner que ceux qui ont les moyens.

Article mis en avant

Rencontre avec le collectif Solidarité Migrants Wilson

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Marion Guérin et Priscille Arnaud sont des membres du Collectif Solidarité Migrants Wilson. Priscille Arnaud, âgée de 41 ans, est une infirmière en disponibilité. Elle habite à La Plaine. Marion Guérin, âgée de 30 ans, est professeur d’espagnol au collège Elsa Triolet de Saint-Denis, elle habite la Plaine depuis cinq ans. Elles sont toutes les deux bénévoles dans trois associations communes, l’AMAP de Saint-Denis et dans le collectif  « Solidarité Migrants Wilson » et au Conseil citoyen de Saint-Denis.

Priscille Arnaud milite à titre personnel « parce que ça fait du bien de sentir qu’[elle] peut aider les gens, même très simplement, en servant des petits-déjeuners. C’est pas grand-chose mais on se rend compte qu’on peut être utile dans la vie, aider d’autres gens. Mais c’est également un engagement collectif, j’ai eu la volonté de faire partie d’un groupe qui aide.»

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Elles nous ont expliqué comment est né le Collectif Solidarité Migrants Wilson, en décembre 2016.

 « A l’origine, on était déjà plusieurs voisins  à s’être mobilisés pour les délogés du 168 avenue du Président Wilson, qui étaient installés dans des tentes sur l’avenue. Ils étaient dehors depuis 3 mois, et quand il a commencé à faire froid à l’automne, on s’est inquiété qu’ils passent l’hiver là.

On avait mobilisé les voisons pour recevoir des dons, acheter des tentes et distribuer des vêtements ; et sensibiliser un peu les gens. Et c’est à ce moment là, que les premiers migrants se sont installés ajuste quelques mètres à côté.

On a commencé à donner des vêtements, du café. Et on s’est rendu compte qu’il y avait d’autres voisins qui faisaient la même chose. On a donc souhaité organiser mieux ces distributions, en se répartissant les jours, en mettant en place un planning. L’idée était que plus on était nombreux, plus c’était facile. Et puis, on a ouvert la page Facebook, et on a réussi à mobiliser du monde. Les gens continuaient à arriver, et à s’installer avec des tentes.

Au fur et à mesure le camp grandissait, jusqu’à compter 400 personnes, le 12 décembre 2016, jour de l’évacuation organisée par le Préfecture. On était présents. Ils ont mis les gens dans des bus pour les répartir dans différents centres.

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Suite à l’évacuation du camp, et à l’installation de grilles puis de pierres,  certains étaient installés sur le stade Nelson Mandela et d’autres ont continué à venir autour du centre car il n’y a pas assez de place.  On a continué à aller les voir, à distribuer des vêtements et des repas, pendant les vacances de Noël. On souhaitait garder un contact avec eux, et savoir ce qu’ils deviendraient.  On découvrait au fur et à mesure car on n’est pas des professionnels. »

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Le collectif Solidarité Migrants Wilson n’a pas de statut, il ne peut pas recevoir de subvention mais c’est plus facile à gérer qu’une association car ils n’ont pas besoin d’avoir un bureau, ou de tenir des Assemblées Générales.

Marion et Priscille nous disent que les adhérents au collectif sont difficiles à compter car la participation est très variable. Mais elles ont récupéré plus de 250 contacts mails de personnes venues donner des petits déjeuners. La page Facebook est animée par huit personnes environ mais trois personnes  l’alimentent plus que d‘autres.

Le Collectif appelle aux dons en ligne avec la cagnotte qu’ils ont créée, et au bénévolat pour la distribution de petits-déjeuners. Ils ont besoin de vêtements, des couvertures, de kits hygiène (dentifrice, savon, rasoirs, peignes, gel, crème, brosse à dents), de sous-vêtements et vêtements pour hommes. « On a beaucoup de mal à trouver des chaussures », nous explique Priscille. « On a également besoin de sac-à-dos. » En effet, le centre d’accueil de la Chapelle n’est ouvert qu’aux hommes, les femmes et enfants sont accueillis dans un centre à Ivry.

Marion Guérin nous explique que « jusqu’à présent, c’est une réussite », ils ont à réussi à distribuer des petits-déjeuners tous les jours. « Mais ça demande une sacrée organisation », ajoute-t-elle. « On a beaucoup de bénévoles mais c’est difficile à gérer car nous n’avons pas de local. Il faut des gens en voiture pour récupérer la marmite d’eau chaude, les thermos, les gobelets et les invendus de pain qui sont offerts par les boulangeries de la Plaine et tout amener sur le lieu de distribution, à proximité du camp. »

https://www.facebook.com/Solidarit%C3%A9-migrants-Wilson-598228360377940/?fref=ts

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